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Risque politique:démission de Ramush Haradinaj
Principal commandant de l’armée de libération du Kosovo en 1998-1999, sa nomination au poste de Premier Ministre en décembre 2004 avait suscité l’indignation de Belgrade ; aujourd’hui Ramush Haradinaj démissionne pour faire face à son inculpation par le TPI et l’on craint de vives protestations de la part de la population albanaise... Ramush Haradinaj, le Premier Ministre du Kosovo a été inculpé de crimes de guerre ce mardi 8 mars par le Tribunal pénal international pour l’ex Yougoslavie (TPIY). Etant l’un des principaux commandants de l’Armée de libération du Kosovo, l’UCK, il est dans la ligne de mire du Tribunal cherchant à rendre justice pour les massacres commis pendant la guerre du Kosovo. Dès l’annonce du chef d’inculpation par le TPI, Ramush Haradinaj a décidé de démissionner de ses fonctions et devrait se rendre ce mercredi à La Haye. D’après nos sources, il aurait remis sa démission à Ibrahim Rugova, Président du Kosovo, ainsi qu’au président du Parlement de la province autonome serbe. Si Ramush Haradinaj n’a pas encore lu le chef d’inculpation, son arrestation pourrait fragiliser le semblant d’équilibre existant au Kosovo. A 35 ans, Ramush Haradinaj est la première personnalité sous le feu des projecteurs des médias albanais à être inculpé par le TPI tout en exerçant une fonction de haut rang. Par ailleurs, il a été obligé de se faire remplacer à la tête de son parti, Alliance pour l’avenir du Kosovo (AAK) dont il tenait la présidence. Avant sa nomination au poste de Premier Ministre, Ramush Haradinaj fut interrogé à deux reprises par des responsables du TPI en visite à Pristina, les 10 et 11 novembre 2004, pour le rôle qu’il a joué pendant la guerre du Kosovo. Rappelons qu’il a été l’un des principaux commandants l’UCK dans la région de Dukagjini et qu’il a combattu pour l’indépendance de la province contre les forces serbes de 1998 à 1999. Future instabilité ? La province qui compte près de 90% d’Albanais pour seulement 10% de Serbes est sous le choc de cette inculpation. L’Otan craint que de nouveaux débordements n’éclatent au Kosovo où les pressions n’ont jamais réellement cessé. Dès sa nomination à la tête du gouvernement, le 3 décembre 2004, Ramush Haradinaj est violemment réprimé par les hommes forts de Belgrade. En effet, les parlementaires belgradois l’ont, à de multiples reprises, pointé du doigt pour désigner le coupable des crimes commis contre des civils serbes pendant la guerre qui a touché la province en 1998. Réprimé par les uns, soutenu par les siens (la LDK, Ligue démocratique du Kosovo, et sa propre formation, l’AAK, l’Alliance pour l’Avenir du Kosovo) l’arrestation de Ramush Haradinaj qui clame son innocence ouvre une nouvelle ère de craintes d’instabilités pour le Kosovo.
mars 8, 2005 dans Politique, République Fédérale de Yougoslavie | Permalink
